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Actualité - 11.02.2026

Pourquoi le Prix René Ballière change de statut ?

La décision votée en Comité ce 11 février consistant à modifier les conditions du Prix René Ballière n'a pas manqué de faire réagir. Comment expliquer la modification fondamentale d'un rendez-vous iconique de la Journée des Champions ? La réponse est donnée de concert par la Direction Technique de la SETF et la Commission du programme : réunir toutes les conditions pour générer plus de partants.

La recette comme les causes est donc multi-factorielle. Débutons par le constat : le Prix René Ballière ne réunit depuis plusieurs années plus assez de partants pour le proposer comme support du Quinté+. Dans le cadre de la Journée des Champions, dédiée par ailleurs aux jeunes chevaux au monté, c'est un manque à gagner conséquent (voir graphique plus loin). "Et ce n'est pas un constat temporaire, la tendance se confirme depuis six ans, assez longtemps pour réagir" précise ainsi en introduction Guillaume Maupas, Directeur des Courses de la SETF.
Non pas que la course soit boudée pour ce qu'elle est en tant que telle mais par l'accumulation d'un certain nombre de circonstances conjoncturelles, partagées par la Direction Technique et la Commission des programmes :
● la saison de monte prive d'un certain nombre de compétiteurs cantonnés au haras dans leur activité d'étalon,
● une concurrence accrue des courses scandinaves exigeantes à commencer par l'Elitloppet,
● une réticence des moins riches à courir en partant de la seconde ligne derrière l'autostart.

Les remèdes choisis sont donc également multiples et comme autant de réponses aux points exposés ci-dessus :
● ouverture de la course aux hongres,
● conséquence du point 1 et afin de "garder les règles françaises" dixit Jean-Philippe Mary, Président de la Commission du Programme, la course devient un Groupe 2,
● passage de la course sur 2.700m et non plus sur 2.100m, donc tous à poteau égal.

La course figure à ce stade toujours dans le circuit de l'UET Elite Circuit et Guillaume Maupas nous a expliqué "informer dans les meilleurs délais les membres de l'UET de la décision du Comité de la SETF" mais que le "statut de la course n'est pas un sujet à date." Quant à la capacité d'appliquer ce genre de raisonnement à d'autres courses, comme le Critérium de Vitesse de la Côte d'Azur par exemple, Guillaume Maupas nous a répondu : "Ce n'est pas d'actualité mais si des indicateurs équivalents venaient à apparaitre, aucune question ne doit être tabou tant que nous sommes guidés par une recherche de meilleure performance." L'allocation est quant à elle maintenue à 200.000€.

Le Prix d'Été comme une référence
Belle course estivale pour les meilleurs chevaux d'âge, ouverte aux hongres et sur 2.700m, la nouvelle donne du Prix René Ballière 2026 ressemble à s'y méprendre au feu Prix d'Été, disparu des programmes après 2022. Et l'analogie est totalement assumée, Guillaume Maupas nous ayant précisé : "On souhaite associer au Prix René Ballière, lequel va bien garder son nom, un sous-titre, celui de Prix d'Été."

Repères sur le Prix René Ballière
■ Nombre de partants moyens depuis 2000 -> 12,46
■ Nombre moyen de partants des 10 dernières éditions -> 10,8
■ Nombre minimum de partants depuis 2000: 8 (en 2025)
■ Nombre maximum de partants depuis 2000 : 18 (en 2011)
■ Nombre de fois support du Quinté+ depuis 2000 : 9
→ années concernées : 2002 (16 partants effectifs compte tenu d'un non-partant), 2005 (13), 2007 (16), 2008 (14), 2009 (16), 2010 (15), 2011 (17), 2014 (14), 2019 (12)


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Prix René Ballière 2025 : sacre de Jabalpur
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Interview

Jean-Philippe Mary est le président de la Commission du programme de la SETF. Il nous explique les conditions et le processus qui ont conduit à la transformation du Prix René Ballière.

24h au Trot.- Qu’est ce qui a motivé la décision de transformer le Prix René Ballière, en le passant de Groupe 1 à Groupe 2 ouvert aux hongres et en modifiant sa distance ?
Jean-Philippe Mary.- C’est son faible nombre de partants constaté depuis plusieurs années. On essaie de redynamiser son attractivité en changeant ses conditions. Il s’agit en l’occurrence de revoir sa distance et de le passer Groupe 2 pour pouvoir l’ouvrir aux hongres. Tout s’est fait au sein de la commission nationale des programmes réunissant élus et Benoît Fabrega et Freddy Dupont pour la SETF. On va voir les conséquences que cela aura cette année. Pour bien mesurer l’effet de notre décision, il nous faudra plusieurs éditions car on ne peut pas tirer des conséquences sur une seule année.

L’option de le laisser Groupe 1 tout en l’ouvrant aux hongres a-t-elle été envisagée ?
Jean-Philippe Mary.- Non car les Groupes 1 ne sont pas ouverts aux hongres en France. On interdit d’avoir un hongre dans le Prix d’Amérique, dans le Prix de Cornulier, de manière générale dans les Groupes 1, et on garde cette ligne. On a un programme classique {fermé aux hongres} et on a un programme ouvert aux hongres. Le Prix René Ballière ne faisait plus de partants et il fallait redynamiser la chose. Quant au fait de perdre un Groupe 1, cela ne changera pas un programme français riche en grandes courses à tous les âges, bien dotées, et qui tient la route. Il faut aussi préciser que la dotation du Prix René Ballière reste à 200.000 €. L’avenir nous dira si on a bien ou mal fait.

Comment expliquez-vous cette baisse de partants dans le René Ballière ?
Jean-Philippe Mary.- Le contexte a changé de manière générale. Les chevaux de haut niveau ont un programme chargé. Il y a l’hiver, l’Elitlopp et d'autres grandes courses au printemps, ceux qui font la saison de monte et cela de plus en plus tôt. Les chevaux de Groupe 1 courent aussi moins qu’ils ne couraient par le passé. On s’aperçoit que cet hiver ceux qui ont performé dans le Prix d’Amérique ou le Prix de Cornulier n’ont pu répéter quinze jours plus tard. Est-ce que le délai de quinze jours ne devient pas trop court pour ces chevaux-là ? C’est aussi une réflexion à avoir et qui s’inscrit dans la même logique : les tops chevaux courent moins qu’ils couraient. Mais passer à trois semaines entre les Amérique Races chamboulerait tout le programme classique de l’hiver. Tout est une question de subtilité et d’équilibre.

Quelle est position de l’UET sachant que le Prix René Ballière est une étape de l’UET Elite Circuit qui ne regroupe que des Groupes 1 ?
Jean-Philippe Mary.- Nous sommes souverains sur le programme français. L’UET n’a pas à valider ou à donner son avis. Mais effectivement, c’est maintenant à l’UET de décider de maintenir ou non le Prix René Ballière au sein de l’UET Elite Circuit.

En conclusion, la décision répond d’abord et avant tout à la problématique de la recette.
Jean-Philippe Mary.- Tout à fait. Quand cela ne fonctionne pas, il faut prendre des décisions. On ne peut pas avoir des Groupes 1 à sept ou huit partants et continuer à les courir tous les ans comme cela. On ne peut pas jeter l’argent dehors. Pour faire la recette, il faut des partants et du jeu. C’est le principe qui dirige les actions de notre commission du programme avec une équipe qui ose les choses. Je la remercie d’assumer pleinement ses responsabilités. Par ailleurs la proposition a été présentée au Comité où elle a été votée à l’unanimité.

Pour faire la recette, il faut des partants et du jeu.

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Jean-Philippe Mary

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